Ibrahima Wade, Mémoires Francophones d’Indochine

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6 décembre 2017

Monsieur Ibrahima Wade est professeur et chair du Départmeent de Francophonie et Etudes Méditéranéennes au Colorado Collège à Colorado Spring. Ses recherches actuelles se sont orientées vers les mémoires Francophones d’Indochine, rédigées principalements par les femmes et les filles es tirailleurs sénégalais, venus avec les Français combattre Ho-ChiMinh.

 

Une interview avec Ibrahima Wade

  Beth : Pouvez-vous nous expliquer votre recherche sur l’Indochine. S’il vous plait.

Professeur Ibrahima Wade

  Ibrahima Wade : Donc, cette recherche, elle est intéressante. Elle a été accentuée par cette expérience que j’ai eue avec une de mes étudiants. J’avais une étudiante qui était d’origine américano-vietnamienne. Donc elle est née ici mais ses parents sont Vietnamiens. Elle s’intéressait à la diaspora vietnamienne à travers le monde et surtout elle s’intéressait, à la diaspora vietnamienne en l’Afrique. Je savais qu’il y avait une diaspora, peut-être pas seulement vietnamienne mais indochinoise en Afrique et comment est-ce que cette diaspora est arrivée en Afrique, c’était à travers la guerre franco-indochinoise. Pourquoi ? Parce que dans l’armée française il y avait des bataillons militaires de soldats africains. J’étais très curieux de savoir ce qui s’est passé et de capter la mémoire des tirailleurs parce que pour la plupart ce ne sont pas des gens qui ont fait l’école, le lycée  ou l’université. C’est des gens qui ont initiés à l’écriture française donc ils n’ont pas écrit - personne n’a recueilli leurs mémoires etc. Et  moi, je voulais recueillir leurs mémoires et ensuite essayer de faire cela partie ou de mettre cela ou de contribuer cela à l’histoire francophone en général et l’histoire franco-africaine. C’est compliqué ! C’est encore inexact, mais j’en suis au niveau des données, mais je trouve que c’est quelque chose n’est-ce pas ? Oui devrait exister parce que finalement, il faut dire qu’il y a pas beaucoup de traces de la rencontre afro-asiatique à travers l’expérience coloniale. Donc, j’espère que ce que je fais va essayer d’ouvrir le chemin un peu plus vers la compréhension de cette rencontre, non seulement militaire et historique mais aussi culturelle.

   BK : Parce qu’il n’y avait pas beaucoup de documentation pendant cette période, il existe une littérature francophone indochinoise ?

   IW : Il y a une littérature francophone indochinoise, mais elle est dans la diaspora. C’est-à-dire que c’est en dehors de l’Indochine. Il y a pas mal d’auteurs et de cinéastes vietnamiens, surtout cambodgiens - mais en France, en Europe, ou  aux États-Unis, peut-être, ou au Canada, mais pas en Indochine et en Indochine, il y a en a même très peu. Je crois que la partie la plus importante se trouve en dehors de l’Indochine. Je me suis basé surtout sur l’écriture des femmes. Les femmes indochinoises ou les femmes dont les mères étaient indochinoises et qui ont écrit sur leur expérience ou l’expérience de leur maman en Indochine étant mariée ou fiancée avec un soldat africain.

   BK : Si l’écriture existante est générée par les femmes, quel types d’idées sont vues le plus souvent ?

   IW : Au niveau de sa culture d’origine, une fois que le couple reviens dans la culture d’origine de l’homme, l’homme dans son milieu naturel, redevient, l’élément naturel, qu’il était avec son comportement et bien sur les femmes sont vraiment choquées, parce que cet homme, qu’elles ont devant elles en Afrique, ce n’est pas l’homme qu’elles ont épousé au Vietnam, au Laos, ou au Cambodge. Il y a ce thème qui revient dans l’écriture féminine francophone indochinoise, il y a ce thème, le comportement de l’homme. Comment les femmes éprouvent le sentiment d’avoir été trahies, un sentiment de trahison de la part de l’homme comment l’homme naturellement évoque ses droits d’homme africain – qui peut être polygame, qui peut faire le libertinage de manière impunie et évoque, la religion musulmane !

   BK : Avez-vous d’autres objectifs que celui de préserver l’histoire d’Indochine ?

   IW : Pour revenir à ma motivation et aussi à ce qui m’a poussé à creuser d’avantage pour peut-être déterminer différentes choses, d’abord la relation franco-indochinoise, comprendre cette relation française dans cette partie du monde, et son impact socioculturel et économique et politique éventuellement, mais aussi comprendre cette expérience qui a été vécue par les Africains qui n’a pas été documentée et dont la France ne parle jamais.

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