Le premier jour du reste de ta vie, unité et individualisme

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21 novembre 2016

La Famille: Unifiée et Individualisée

     Réalisé et écrit par Rémi Bezançon, Le Premier Jour du Reste de Ta Vie est un film en couleur français sorti en 2008. C’est une comédie, mais aussi un drame qui montre le dysfonctionnement de la famille Duval. Les acteurs principaux sont Jacques Gamblin, Zabou Breitman, Déborah François, Marc-André Grondin et Pio Marmaï. Ce film exceptionnel invite les téléspectateurs à se pencher et à réfléchir au-delà des clichés de ce que la société pense qu’une famille devrait être. Peut-être que la société décide du schéma idéal des familles heureuses ou de celles qui ne le sont pas, mais ce film transmet aux téléspectateurs un autre message, parce que l’unité d’une famille n’est pas si manichéenne. Chaque membre d’une famille est son propre individu. Donc, chaque membre doit apprendre à maîtriser son propre indépendance pour être un élément fonctionnel de sa famille. C’est en ce sens que dans ce film il n’y a pas un seul narrateur, mais qu’au contraire, l’histoire est racontée par chaque membre de la famille, au cours de cinq jours aléatoires qui couvrent douze années. Chaque fois, chaque personnage se bat contre ses propres démons. Mais inévitablement la famille commence à se dégrader parce que chaque individu ne fonctionne pas correctement.le premier jour du reste de ta viea

Ce film raconte une histoire de la jeunesse et de la vieillesse, une histoire d’amour et de blessure et en fin de compte, c’est une histoire des hauts et des bas des relations humaines. Le ton de ce film est comique mais pourtant profondément sombre, gardant les spectateurs amusés mais également investis dans le bien-être de chaque protagoniste. Bien que s’étendant de 1988 à 2008, le message du film est intemporel : toutes les familles sont soumises à des difficultés, et ce n’est que par la patience, le rire, et les larmes que la famille peut rester intacte. Ce film a été fortement reconnu pour son message universel ; tant et si bien qu’il a reçu neuf nominations aux César et a gagné trois prix.

Même s’il traite d’une famille en son entier, le réalisateur se concentre également sur une personne à la fois. Mise à part les scènes qui se déroulent autour du dîner, les téléspectateurs reçoivent une perspective individuelle sur la vie de chaque membre. En regardant chaque personnage individuellement, le film confirme l’indépendance comme une qualité importante, une qualité qu’il faut avoir pour développer des relations saines avec les autres. Même si l’autonomie est appréciée dans chaque détail du film, il est aussi clair que son obtention n’est pas facile.

On voit la bataille que mène chaque enfant de la famille Duval pour atteindre l’indépendance : Albert découvre d’abord qu’il est difficile de survivre tout seul, Fleur se bat contre l’autorité parentale, et Ralph n’arrive pas à trouver un sens à sa vie. Mais le film suit chaque personnage dans sa lutte unique dans le but de prouver que pour qu’une famille fonctionne, ils ont tous besoin d’être opérationnels de façon autonome — c’est alors seulement qu’ils peuvent former une unité cohérente.

Mais quelle est la définition d’une personne fonctionnelle ? Si quelqu’un peut prendre soin de son hygiène personnelle, est-il alors «indépendant» ? Ou est-ce qu’il doit plutôt juste être capable de vivre seul et ne pas compter sur les autres ? En montrant aux téléspectateurs les hauts et les bas de chaque individu, le film affirme que pour atteindre l’indépendance, chaque personnage doit être capable de confronter sa faiblesse. Ensuite, chacun doit accepter certains de ses défauts de caractères, parce que personne n’est jamais parfait. Ce n’est qu’alors qu’il sera «indépendant».

Donc, le message principal de ce film est optimiste, mais aussi réaliste : malgré quelques faiblesses intrinsèques, on est aussi né avec de grandes forces. En saisissant ces forces, on peut être heureux en nous-même et, par conséquent, peut être heureux dans nos relations avec les autres.

Même s’il semble que ce film présente des questions sur la famille, il s’attarde également sur les problèmes de l’individu. En séparant le film en cinq jours axés sur cinq personnes différentes, les spectateurs du film sont confrontés à un paradoxe — la famille, quelque chose qui semble être si unifiée, est plutôt individualisé. Il suffit qu’un membre soit malheureux pour que la famille ne fonctionne plus correctement. Cela soulève la question suivante : Est-ce qu’une famille peut seulement être heureuse quand chaque membre de cette famille est heureux avec lui-même ?

En outre, est-ce que la société idéalise trop l’image de la famille ? N’y a-t-il pas de la beauté dans l’imperfection ? Donc, est-ce qu’on peut transformer nos pensées et dire plutôt que les familles fonctionnent mieux quand les membres de la famille ont besoin de l’aide de l’autre ?

 

Maeve O’Leary Sloan, Whitman College
Rubrique/mosaïque: 7ème art, Critique de films, Le cinéma dans tous ses états, Mosaïque
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