Le Triangle des réflexions

23 juillet 2017

Le Triangle des réflexions dans la Salle de bain de Toussaint

Jean-Philippe Toussaint a écrit La Salle de bain en 1985. C’est vraiment une contribution très unique à la littérature mondiale. En 1989, un film basé sur ce livre est réalisé par John Lvoff. L’histoire est racontée du point de vue du personnage principal, mais son nom n’est jamais mentionné. Il est chercheur et c’est un homme réservé, qui décide de passer son temps dans la salle de bain. La majorité de l’action se déroule à Paris et à Venise. «Je» passe ses journées à regarder les miroirs, les fenêtres et les murs, à jouer aux fléchettes, à écouter des matches de football, et surtout se contente d’observer le monde autour de lui, sans jamais vraiment y  perpacuteparticiper.  Le style distinctif de Toussaint exprime avec succès une histoire qui serait autrement assez ennuyeuse.  La série de morceaux de textes numérotés et la structure des trois parties du livre aident à développer la personnalité unique de «Je », qui créent une histoire profonde.

Jean-Philippe Toussaint est connu pour son style minimaliste. Le titre, l’apparence et l’écriture du livre sont très simples. Cependant, grâce à ce style unique, il excelle pour dépeindre des idées complexes philosophiques à travers l’histoire de la vie quotidienne, racontée du personnage principal.

Dans chaque section on trouve une série de morceaux de texte numérotés, mais beaucoup ne sont pas vraiment des paragraphes. Cette structure unique du texte est utilisée pour simuler les processus de pensée de «Je». Étant donné que la caractéristique d’être observateur de la vie est si importante dans sa personnalité, cette structure est très importante pour l’idée générale du livre. Beaucoup de ces morceaux de texte n’ont pas de début ni de fin distincts , et encore moins d’objectif spécifique.  Cela démontre le caractère aléatoire et incomplet de beaucoup de ses pensées et aide le lecteur à voir par ses yeux.

Les trois parties du livre, structurées comme un triangle, créent un arrangement unique qui pourrait impliquer que l’ordre des parties est différent de la réalité.  Le livre commence avec «Je» dans son appartement à Paris, puis son passage à Venise et puis il retourne à Paris.  Même si c’est l’ordre dans lequel l’histoire est racontée dans le livre, il est possible que l’histoire entière soit réellement dite seulement de la salle de bain dans l’appartement à Paris et la seconde partie, l’hypoténuse, est seulement le souvenir de son séjour à Venise. Ses flash-backs sur la soirée avec les locataires précédents et le dîner de pendaison de crémaillère sont d’autres exemples de ses souvenirs qu’il médite pendant son séjour dans la baignoire. La structure d’un triangle symbolise le fait qu’il n’y a pas de début ni de fin à l’histoire, que ce triangle forme en quelque sorte un cercle.

En plus de cette structure, il y a aussi d’autres aspects de l’histoire qui pourrait être représentés avec un triangle.  Un exemple, les triangles sociaux que «je» rencontre souvent. Le premier est le triangle entre «Je», l’aspect féminin et l’aspect masculin d’Edmondsson, qui aident à compléter sa personnalité.  Pendant son séjour à Venise, il passe du temps avec son médecin et sa femme, un autre triangle social. Dans le flashback du dîner avec les locataires précédents dans leur appartement, «Je» est laissé seul avec les deux locataires qui mène à une autre situation sociale inconfortable. Ces triangles sociaux contribueront à accentuer sa personnalité en démontrant qu’il préfère être seul et observer les gens autour de lui.

La personnalité de «Je» est ce qui rend ce livre intéressant et même comique à certains moments. Après avoir appris à le connaître à travers l’histoire, il est évident qu’il n’y a pas de véritable motif derrière ses actions, sauf qu’il fait tout avec l’objectif d’observer. Bien que cela lui cause d’avoir une vie que beaucoup considéreraient assez ennuyeuse, il semble s’en contenter. En raison de sa personnalité et de son personnage qui sont si importants de l’histoire, le narrateur utilise un style et une structure pour exprimer sa personnalité. Aussi, la plupart de l’histoire est au passé, donc il raconte ses observations et expériences à l’abri de la salle de bain.

Parfois, il semble intéressé à avoir une vie plus excitante, mais il n’a jamais fait réellement quelque chose pour la changer. Par exemple, il reçoit une invitation à un événement à l’ambassade d’Autriche et il insiste c’est parce que il y avait une erreur. Toutefois, il ne peut pas arrêter de fantasmer sur sa participation à l’événement, même s’il ne le fera jamais dans la réalité. Même quand il décide de sortir de sa vie quotidienne normale et d’aller spontanément à Venise, il ne fait jamais rien de nouveau. Il passe toujours ses journées assis dans l’hôtel, à écouter des jeux de football, regardant les fenêtres et les miroirs, et surtout, observant les gens.  Ses observations l’amènent constamment à penser méthodiquement sur des choses auxquelles les gens n’auraient normalement pas pensé, par exemple comment on devrait observer la chute de la pluie ou ce qui est effrayant dans le passage du temps.

La personnalité de «Je» et la structure de l’écriture rendent ce livre très original. C’est une histoire extraordinairement simple qui examine les aspects les plus larges de la vie, tels que le passage du temps et des interactions sociales. L’auteur laisse au lecteur décider les sens de cette histoire abstraite et d’extraire les idées philosophiques profondes de la vie quotidienne d’un homme singulier. Peut-être nous pourrions apprendre en tentant d’observant le monde comme «Je» le voit.

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