L’angoisse du naufrage chez Toussaint

23 février 2017

L ‘Angoisse du Naufrage dans la Salle de bain de Jean Phillipe Toussaint

Avant qu’il ait écrit son premier roman, La Salle de Bain, Jean Philippe Toussaint était inconnu. Mais en 1985 avec cette publication par les éditions Minuit il a immédiatement atteint le succès. Défini comme « très roman post nouveau » par les critiques, La Salle de Bain a été bien acceptée autour du monde et traduit en plus de trente langues. Après plus de vingt ans, La Salle de Bain est encore un grand succès littéraire.  L’œuvre suit la vie d’un chercheur qui habite à Paris avec sa femme Edmondsson. « Je », le narrateur, a peur du temps qui contrôle sa vie. Il se met dans la baignoire où il réfléchit à la vie. Après peu, il quitte la baignoire de Paris pour voyager à Venise mais là il reste à l’hôtel tout seul, jouant aux fléchettes. Ses pensées, dirigées par ses peurs, le indexforcent dans des situations inconfortables et bizarres.

« Je » veut vivre dans un monde immobile où le temps est figé et il observe les choses qui représentent ce monde impossible. La première fois que « Je » décrit la dame blanche, il parle du fait qu’il y a un mélange des contraires dans la glace : « Le chaud et le froid, la consistance et la fluidité. »  Il admire ces choses parce qu’il cherche un équilibre parfait entre la mobilité et l’immobilité dans sa propre vie mais ce n’est pas possible parce qu’il est trop effrayé pour changer son existence statique.

Tout le monde dépend de ses compétences et talents dans sa vie quotidienne.  « Je », en tant que chercheur, dépend de son aptitude observationnelle. Il regarde toujours le monde autour de lui et il est plus confortable dans le rôle du spectateur. Sans sa vision, sans sa capacité de voir ou d’entendre il serait encore plus perdu et sans une direction ou un but en sa vie. C’est inévitable : En vieillissant, nos corps se détériorent, même si nous faisons de l’exercice ou si nous avons une alimentation équilibrée.  La détérioration du corps et de l’esprit est une grande partie de sa crainte.

« Je » décrit le mélange du chocolat chaud et de la glace froide comme « métissés », impliquant qu’on perd sa pureté en vieillissant. La glace, parfaite, froide et figée perd sa forme sous la chaleur du chocolat brûlant. C’est une métaphore pour l’état intellectuel de l’homme avec le passage du temps. En enfance, on est une page blanche ; innocente, impressionnante et toujours en pleine croissance. Mais finalement on arrête de grandir et on est exposée aux problèmes du monde. « Je » veut figer le temps mais il n’est pas comme la glace et il ne peut pas toujours rester dans un congélateur. Comme la glace sous le chocolat chaud, il doit perdre sa forme. Il doit grandir et apprendre qu’il y a rien à faire… il faut changer et s’exposer au monde.

Il est vrai que la misère adore la compagnie. En temps difficiles, nous nous consolons avec l’idée que nous ne sommes pas seuls dans nos luttes. Souvent on se réconforte avec ceux qui ont des problèmes similaires, mais « Je » est un peu effrayé par la socialisation, donc il se réconforte quand il regarde des objets inanimés ou les lieux qui luttent contre le temps. Il pense à la dame blanche fondant sous la chaleur du chocolat et aussi au naufrage du Titanic et il réfléchit sur les conséquences du temps.  Comme l’homme, ces choses sont certaines de perdre leur bataille contre les forces naturelles.

Les endroits où l’histoire se déroule sont aussi connectés à l’idée de la disparation sous l’eau. Il voyage à Venise, une ville qui coule en perdant sa lutte contre la gravitation. Mais l’histoire commence et fini à Paris, dont la devise « Fluctuat nec mergitur », ou en français, « elle est frappée par les vagues mais elle ne sombre pas ». Dans l’histoire, « Je » est plus comme Venise et il est en traîne d’un naufrage de l’esprit. Mais quand il visite Venise, il saute sur le trottoir pour accélérer l’enfoncement de la ville.  Bien qu’un saut soit quelque chose que les enfants font pour s’amuser, sa raison est plus sérieuse. Il ne s’exprime pas auprès des autres donc il cherche les compagnons en souffrance, ou quand il saute, il les créé. Comme ça il trouve un peu de confort mais il continue à souffrir.

L’existence entière de « Je » est commandée par ses craintes débilitantes des forces naturelles comme la gravité et le temps. C’est pour cette raison qu’il n’a pas une vie productive ou aventureuse et il reste dans une existence statique.

Pour trouver un équilibre entre l’immobilité et la mobilité dans sa vie, il faut chercher et par conséquence perdre temporairement l’ordre et la raison. Si « Je » a réalisé cette idée, l’histoire serait très différente et il ne resterait jamais dans la baignoire. Comme la plupart des romans et films français, l’histoire n’a pas de fin définie donc on ne sait pas s’il va gagner contre ses craintes comme Paris avait gagné contre les vagues de l’histoire ou s’il va couler comme Venise et se tourmenter avec peur.

 

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