L’inconsistance de notre Puissance chez Sartre

23 décembre 2012

L’inconsistance de notre Puissance dans le Mur de Jean Paul Sartre

Les existentialistes croient au pouvoir de l’homme sur son sort, mais quand la vie d’un homme est dans les mains d’un autre, des conséquences graves sur le corps et l’esprit se manifestent de façons variées. Pendant l’attente de son exécution, Pablo essaye de maîtriser ses réactions physiques et émotionnelles pour combattre le fait qu’il n’a nul pouvoir dans la décision de son sort. Mais plusieurs fois, il ne peut pas arrêter les réflexes de son corps quand il est saisi par des sentiments profonds qui répondent au fait qu’il n’a aucun contrôle sur son futur. La fin de l’histoire montre que la puissance de l’homme est limitée et sans garantie.3311602432_f7b6ecc4e9

Au début de l’histoire, Pablo et les deux autres prisonniers, Tom et Juan, attendent dans une salle chaude avec beaucoup d’autres prisonniers pour apprendre leur sentence. Pablo trouve la chaleur de la chambre plus confortable que celle de sa première prison, dans le cachot d’un archevêque où il a grelotté pendant vingt-quatre heures. Cette remarque est une subtile introduction à l’idée qu’on ne peut pas contrôler le corps dans une situation où on n’a aucun choix de vivre ou mourir. Pendant trois heures, les trois hommes attendent pour apprendre la décision et Pablo ne pense pas à son corps ni à ses réactions. Finalement un gardien les transfère à la cellule où ils attendront leur jugement. Dans la salle d’attente les trois apprennent leur sort ; ils seront exécutés au matin. Après qu’ils reçoivent cette information, l’effet de la mort imminente commence à s’emparer de leurs corps.

Pablo tente de se contrôler de deux façons ; premièrement, il essaye d’ignorer ses réactions, pour se prouver qu’il maintient un pouvoir absolu sur lui-même. Il observe les réactions de Tom et Juan ; Juan est presque silencieux, mais sa figure devient grise et ses lèvres tremblent. Tom essaye de défendre son corps contre le froid avec les exercices mais il suffoque et le manque de respiration le rapproche de la mort. Pendant ses observations des autres prisonniers, Pablo pense encore et encore aux corps des autres et à l’exécution.  Il essaye d’éviter sa crainte, mais il voit la mort partout.

Après que Pablo comprend qu’il ne peut pas s’ignorer, il essaye de s’isoler de Tom et Juan.  Quand Tom demande au médecin une cigarette, Pablo lui refuse, car il veut mourir proprement, sans alcool ni tabac.  Mais en réalité, il est impossible de mourir proprement quand le control du soi est révoqué. Son corps résiste inconsciemment à sa détermination de mourir d’une façon noble et il se trouve écœurant. Une autre manière avec laquelle Pablo tente de s’isoler est sa détermination de rester « dur ». Quelquefois, si on est émotif on s’ouvre aux autres ou à l’apitoiement. La maîtrise sur son physique n’étant pas réussie, il censure le seul procédé possible, celui de son état émotionnel.

Pablo observe Tom et Juan avec dégoût mais cela prend la forme de l’horreur quand il réalise qu’il présente des manifestations semblables de la crainte. Ses symptômes commencent quand il cherche sa veste qui n’est pas là, puis il sue dans la salle froide. Son corps devient gris et il remarque que Tom est comme un jumeau, un miroir de sa souffrance. Les réactions des trois hommes montrent qu’ils ont commencé à mourir dès qu’ils ont été informés de leur exécution.  Pour les prisonniers, la crainte de la mort est beaucoup plus puissante que leur maitrise de soi ; les corps n’ont aucune défense contre la peur.

Apres l’exécution de Tom et Juan, Pablo est doit rester dans le cave pour un contre-interrogatoire.  Il écoute les fusils, il tremble involontairement, puis les gardiens entrent pour le prendre. Après le questionnement Pablo pense à la valeur de la vie et il décide qu’il ne trahira pas Ramon Gris parce qu’aucune vie n’a d’importance.  Bien qu’il ait pris sa décision, Pablo joue avec les soldats pour avoir un moment final de pouvoir dans sa vie. Il ment, donnant une fausse position pour trouver le cachot secret de Ramon, celle du cimetière.  Ensuite, il reste dans une chambre pendant une demi-heure. Il est prêt pour son exécution, mais le gardien dit qu’il ne sera pas exécuté maintenant. Pablo est transporté dans grande chambre avec d’autres prisonniers, où il apprend que Ramon était en fait tué par les Phalangistes dans le cimetière.

En apprenant que Ramon est mort par hasard, Pablo commence à rire si fort qu’il pleure. Il a voulu jouer et montrer son pouvoir, mais la puissance de l’homme est bornée et inconsistante et la conséquence de son jeu a engendré une mort. Il est bouleversé par l’ironie et l’absurdité de la mort de Ramon et dans ce moment final de l’histoire, il se perd dans l’émotion qu’il était pourtant arrivé à éviter tout au long de son emprisonnement. Il existe donc une limite pour chacun, celle où le corps prend le pas sur la volonté.

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