Le rejet de l’étranger chez Camus

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5 octobre 2013

Le rejet de l’étranger chez Camuscamus

Dans le livre « L’étranger » d’Albert Camus, on rencontre M. Meursault qui vient d’apprendre que sa mère est morte. Après qu’il ait assisté à l’enterrement de sa mère sans avoir pleuré, on découvre que c’est un personnage bizarre selon les normes de la société. Cependant, dans la nature humaine ou bien la nature de la société humaine, il y une peur inhérente et un besoin de se séparer de ce qui est considéré différent. Tout au long du livre on voit son indifférence envers tout ce qui se passe dans sa vie et dans la vie des autres et l’effet négatif que cela produit. Lorsqu’une société est confrontée par un phénomène considéré différent, il faut qu’elle impose son idéal sur l’étranger pour expliquer son comportement et l’isoler du reste du monde.

En premier lieu, si on prend l’exemple d’une société sortie du monde réel, on y trouve d’habitude des valeurs et des règles très simples que chacun doive suivre. Par exemple, aimer sa famille et s’en occuper. De plus, il faut avoir un but dans la vie, une raison pour laquelle vivre, on doit penser à la mort comme à quelque chose triste. Toutes ces convictions se trouvent les mêmes dans le monde de Meursault, toutefois, il ne les respecte pas. Il ne pleure pas à l’enterrement de sa mère, il n’aime pas vraiment Marie, il n’est pas très heureux quand son patron lui offre une promotion, « dans le fond cela m’était égal » (66). En fait, il est ce qu’on appellerait un existentialiste, il ne voit pas d’ordre ou de raison dans le monde, donc, il ne la prend pas très sérieusement. Néanmoins, les gens dans la société ne le comprennent pas parce malgré leur comportement qui quelque fois est vu comme peu orthodoxe, ils ont tous des raisons implicites pour leurs actions. Tel que quand Salamano cherche son chien qu’il frappait pourtant, « comme un chien vit moins qu’un homme, ils avaient fini par être vieux ensemble… ‘De temps en temps, on avaient des prises de bec. Mais c’était un bon chien quand même’ » (72). Bien qu’il fût toujours cruel avec son chien, à la mort de sa femme, il comble le vide et sa solitude avec le chien. Parce que son comportement est motivé par ses émotions il est normal. Ainsi, il essait de comprendre Meursault et de l’examiner selon les idéaux de la société parce que c’est dans la nature humaine d’essayer à comprendre celui qui est différent.

Après avoir examiné les normes de la société il faut ainsi se concentrer sur la façon avec laquelle elle impose ses concept pour expliquer l’étrange. Lorsqu’on trouve Meursault dans la cour on apprend qu’il n’est pas punit pour voir tué l’ »Arabe » mais pour ne pas avoir pleuré à l’enterrement de sa mère. Ses amis essaient de le défendre en justifiant que le meurtre était un accident mais tout le monde s’intéresse plus à sa bizarrerie. La société a aussi besoin de lui montrer qu’il est différent. Par exemple, lorsque le juge lui demande de s’expliquer à propos du meurtre de l’ »Arabe », il essaie d’utiliser la religion pour faire avouer Meursault. Si il croit en Dieu, l’homme n’était assez coupable pour que Dieu ne lui pardonnât pas, mais qu’il fallait pour cela que l’homme par son repentir devînt comme un enfant dont l’âme est vide et prête à tout accueillir. (105)

Cependant, Meursault ne croit pas en Dieu, donc, il ne ressent rien. De plus, quand le procureur essaie de convaincre le jury de le condamner, il leur explique, « Mais quand il s’agit de cette cour, la vertu toute négative de la tolérance doit se muer en celle, moins facile, mais plus élevée, de la justice. Surtout lorsque le vide du cœur tel qu’on le découvre chez cet homme devient un gouffre où la société peut succomber » (153). Le procureur les avertit que leur system de justice est trop clément avec les criminels et s’ils n’emprisonnent pas cet homme il pourrait empoisonner le reste de la société. Toutefois, ce n’est pas parce qu’il a un esprit de meurtrier mais parce qu’il n’exhibe pas ses émotions humaines. En fait, c’est le manque d’émotions que le procureur souligne et interprète comme une âme sinistre. D’un autre côté, tandis que son avocat le défend, il fait exactement la même chose que le procureur mais pour montrer que ses intentions ne sont pas mauvaises et qu’il est en général un bon homme, « J’étais un fils modèle qui avait soutenu sa mère aussi longtemps qu’il l’avait pu. Finalement j’avais espéré qu’une maison de retraite donnerait à la vieille femme le confort que mes moyens ne me permettaient pas de lui procurer » (157-158). Même son avocat ne peut pas accepter le fait que Meursault et sa mère ne sont pas proches pas proches. Bien qu’il soit en train de le défendre il n’essaie pas comprendre ses convictions et sa normalité. Tout le monde dans cette société veut l’expliquer en utilisant des moyens qui sont sans rapport avec Meursault.

En dernier lieu, il convient d’évaluer les réactions de la société concernant l’étrange. Dans l’étranger, Meursault est un personnage très différent du reste du monde parce qu’il a des idéaux existentialistes qu’ils ne peuvent pas accepter. Bien qu’il y eût des gens qui l’ont défendu, la société fait confiance dans la nature humaine et l’envie inhérente d’éliminer l’étrange, « le président m’a dit dans une forme bizarre que j’aurais la tête tranchée sur une place publique au nom du peuple français » (162). Parce qu’il n’est pas comme le reste de la société, il est nécessairement mauvais. De plus, le fait de croire que la différence est la cause de tous les problèmes dans la société peut être considéré comme une critique de la société française (et des autres) par Albert Camus. Camus a grandi dans une colonie française en Algérie où il a passé la plupart de sa jeunesse, pourtant, il a aussi connu la deuxième guerre mondiale. Ces deux expériences ont eu beaucoup d’influence sur son travail. En examinant le fait qu’il a grandi dans une colonie, on peut déduire qu’il a vu les effets de la culture française qui s’imposait sur la culture algérienne, tout comme les nazis sur le reste du monde. Ces deux exemples montrent la manière avec laquelle une société essaie de changer les autres ou de les éliminer parce qu’ils sont étranges. On peut donc avancer que Camus après ses expériences était devenu très critique des hommes et leur besoin de tout comprendre.

Tout bien réfléchi, lorsqu’on analyse la société réelle et la société dans « L’étranger », il est évident que tout le monde a la nécessité d’évaluer ce qui est l’inconnu ou l’étrange, et même si l’on vient à le comprendre il faut toujours l’éliminer. Cependant, bien que cette tendance vienne d’un instinct intrinsèque de se protéger, est-ce qu’on conserverait se réflexe si le monde était sans danger, ou dans une société utopique ou sans religion ? De plus, qui est plus responsable pour cette tendance, le désir inhérent de se protéger ou l’effet néfaste de la religion ?[1]

 

Jordan Gardner

pour Professeur Bourdier



[1] Camus, Albert. L’étranger. Paris: Gallimard, 1990. Print.

 

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