Dieudonné et ses objets dans « La belle créole »

Étiquettes :
3 janvier 2017

Dieudonné et ses objets

            Le livre La Belle Créole de Maryse Condé (Folio, 2001), est une histoire de la passion, du crime et du destin. Elle raconte l’histoire d’un homme qui s’appelle Dieudonné. C’est un jardinier, qui est acquitté pour le meurtre de sa maitresse békée, Loraine. Dieudonné était amoureux d’elle, mais quand les choses devenaient plus compliquées, il l’a tuée. Condé raconte les circonstances avant et après le meurtre, et elle développe les personnages, en particulier Dieudonné, qui est quelqu’un de très violent et un peu dérangé, mais aussi très compliqué. En particulier, l’importance des objets pour Dieudonné montre sa complexité. Quand il était plus jeune et sans père, sa mère a trouvé un emploi chez une famille très fortunée mais aussi gentille, qui s’appelle Cohen. Ils ont traité Dieudonné comme leur fils, et pendant une partie de sa jeunesse, il était heureux avec cette famille et sa mère. Mais un jour, les Cohen sont partis sans un mot, et il s’était retrouvé plus seul encore. Finalement, après la mort de sa mère, Marine, et l’abandon des indexCohen, il semble que Dieudonné ne pense pas qu’il puisse avoir confiance en les autres. Tous les êtres humains qui étaient importants dans sa vie l’ont quitté. Il est évident qu’à cause de cela il a du mal à s’entendre avec les gens. Il a deux amis, mais c’est quelque chose de différent pour lui. Ses amis ont leur propre vie sans lui. Mais il trouve des compagnons dans les objets ou endroits importants. Le narrateur décrit son rapport avec la mer, et comment il considère la mer comme un vrai ami. Pour Dieudonné, « Seule la mer ne l’avait pas abandonné…il la trouvait toujours à la même place ; bouillante en carême ; fraiche en saison d’hivernage ; toujours prête à s’enrouler autour de son corps et à le saluer du baiser humide de sa bouche » (42-43). Il peut compter sur l’océan, comme il n’avait jamais pu compter sur quelqu’un d’autre auparavant. Avec la mer, c’est toujours la même, et il n’y a pas d’évènements inattendus, comme la mort ou l’abandon. C’est une relation similaire à celle qu’il a avec La Belle Créole, le voilier de la famille Cohen. Quand il était avec les Cohen, il avait passé du temps sur ce voilier, et il en a beaucoup de souvenirs très heureux. Quand il retourne au quai pour visiter le voilier, « c’était comme si le présent avait rejoint le passé. Comme si Marine n’était pas sous la terre. Comme s’il était redevenu gamin, ma foi, pas malheureux qu’un autre » (35). L’objet peut représenter son passé, et il peut se souvenir des moments où il n’était pas si seul. Dans ce sens, les objets, comme la mer et La Belle Créole deviennent une source de réconfort. Cela continue tout au long du livre, jusqu’à la fin. Pendant toute l’histoire, Dieudonné ne peut pas comprendre les autres êtres humains, et personne ne le comprend. Il est seul, mais il a toujours la mer et La Belle Créole.

Noëlle Butler, Whitman College, Walla Walla, WA

Rubrique/mosaïque: Africanités, Critique littéraire, Critique littéraire, Francophonies, Maryse Condé, Mosaïque, Voix de l'hémisphère Sud
RSS 2.0 | Laisser un commentaire | trackback

Aucun commentaire

Répondre

css.php