Les larmes de Bernardin dans « Paul et Virginie »

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20 janvier 2017

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Paul et Virginie de Bernardin de Saint-Pierre est l’histoire de deux enfants qui grandissent dans une niche naturelle et idyllique jusqu’au moment où ils sont séparés et confrontés aux idéaux européens. La narration se caractérise par l’enchâssement; au début du livre, un étranger à l’île de la France commence l’histoire, mais après quelque pages, c’est un vieillard qui prend le contrôle. Ce changement est intéressant parce qu’il introduit l’idée d’un narrateur omniscient qui, de plusieurs manières, agit comme Dieu.

Tout d’abord, le vieillard est décrit comme un homme qui a les cheveux blancs et une physionomie noble et simple (110). Cette description ainsi que le fait que ce vieil homme a “formé deux portions (de la terre sur l’île) à peu près égales” (114) pour les deux femmes fait allusion au point de vue classique que Dieu est un homme blanc, sage, et vieux qui a divisé la terre et créé le jardin d’Éden.

En second lieu, bien que le vieillard ne soit pas un membre de l’une des deux familles principales, il connaît tous les détails intimes de leurs vies. Dieu savait quand le premier péché a été commis par Adam et Eve, et notre narrateur, comme Dieu, n’était pas à la fontaine quand Virginie “entrevoit dans l’eau, sur ses bras nus et sur son sein, les reflets des deux palmiers plantés à la naissance de son frère et à la sienne, qui s’entrelaçaient au-dessus de sa tête…” (159) néanmoins il a quand même noté cet événement comme sa chute.

Ce qui est difficile de déterminer c’est quand le vieillard arrête d’être le Dieu omniscient et que Bernard de Saint-Pierre l’utilise pour annoncer ses propres opinions. Il existe par ailleurs de nombreux parallèles entre Bernard de Saint-Pierre et le vieillard. Les deux ont eu deux enfants qui s’appellent Paul et Virginie (le narrateur considère les enfants comme les siens.) Les deux adorent la nature et sont éduqués. Il est possible que Bernard de Saint-Pierre ait eu un peu peur parce qu’il a beaucoup critiqué la nature des Français dans son livre. Afin d’éviter être complètement rejeté pour ses avis, il a construit Dieu comme narrateur. Ainsi, les lecteurs sentent plus d’empathie pour le vieil homme et Dieu parce qu’ils ont tous deux vu leurs créations détruire la nature et la vertu dans le but d’assouvir leur désir perpétuel pour obtenir plus.

Ce n’est pas simplement Dieu qui pleure pour la triste chute de ses chers enfants et amis du jardin d’Éden, mais c’est aussi Bernardin de Saint-Pierre.

Hali Wolf

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