Le Pouvoir du Scepticisme chez Molière

20 mars 2013

                              Le Pouvoir du Scepticisme tartu

Jean-Baptiste Poquelin, dit Molière est né en 1622 à Paris . Sa famille était moyenne classe et à l’âge de dix-sept il a commencé ses études dans une « école jésuite », où ses camarades de classe étaient les jeunes bourgeois ou fils de la noblesse.[i] En dépit de son statut social, son intelligence et son savoir-faire lui ont fournit des opportunités à la cour du roi Louis XIV. Comme membre de la moyenne classe, il a surmonté les restrictions sociales et utilisé la comédie pour influencer le monde. Il disait, « Le devoir de la comédie étant de corriger les hommes en les divertissant » et se servait de ses pièces de théâtre pour améliorer l’humanité en questionnant les règles de la société. [ii]

Pendant l’époque de Louis XIV, les aristocrates valorisaient la raison, l’ordre, et l’enquête du monde plus que tout. On voyait l’extrémisme et le comportement irrationnel comme les traits de la populace impolie et commune. [iii]  Mais souvent ceux qui avaient les positions de pouvoir étaient aveuglés par leurs émotions et ils perdaient leur bon jugement. Ainsi, ils se comportaient contre les règles de la société et les attentes du roi pour ses sujets. Dans la pièce de théâtre Le Tartuffe, Molière montre qu’il existe toujours des exceptions de nos puissantes croyances et qu’il faut toujours penser objectivement ; une servante peut être plus raisonnable et intelligente que son maître, et les hommes qu’on croit les plus pieux sont quelquefois d’horribles pécheurs. La pièce Le Tartuffe ridiculise l’émotion excessive, l’irrationalité religieuse et le strict système de classes. Mais comme le pouvoir absolu du roi était la seule chose que personne ne pourrait remettre en question. Pour éviter la possibilité de la punition par Louis XIV, Molière utilise les personnages de Dorine, Orgon, et Tartuffe pour se moquer des faux dévots et des règles de la société.

Tartuffe, le plus grand hypocrite de tous, se montre comme un homme de la dévotion religieuse la plus puissante. Il censure les actions des autres, mais il ne pratique pas les mêmes règles dans sa propre vie. Il utilise sa fausse dévotion pour profiter de la croyance aveugle d’Orgon, et il essaie de faire des avances romantiques à la femme d’Orgon, disant que «ce n’est pas pécher que pécher en silence» (Acte V, 1506). Sous le masque de sa fausse piété, il cache ses péchés qui sont pires que ceux dont il accuse chez les autres.  Parce qu’il se comporte comme s’il avait l’approbation de Dieu en tout ce qu’il fait, Tartuffe gagne la confiance des gens extrêmement religieux, comme Orgon et Madame Pernelle. Mais d’autres ne sont pas convaincus de la sincérité de Tartuffe. Bien que tous les personnages dans la pièce soient religieux, leurs croyances ne sont pas aussi extrêmes que celles d’Orgon et Madame Pernelle. Parce ceux-ci sont aveuglés par leur religion, ils regardent la dévotion et piété de Tartuffe sans se demander objectivement la raison pour laquelle Tartuffe la montre à tous dès que possible. Orgon et sa mère sont victimes de l’escroquerie de Tartuffe, qui les dupe parce que leur extrémisme religieux est égal au sien, et leurs émotions insensées affaiblissent leur perception.

Une autre croyance que Molière ridiculise est l’idée que la place en société d’une personne est égale à son intelligence. Souvent on imagine les pauvres comme agressifs, facilement influençables, et ignorants. Quant à l’aristocratie, l’idée est inverse ; c’est presque comme si la quantité de leur argent est égale à leur intelligence. Ils sont aussi extravagants qu’ils sont logiques et savants.  Dans Tartuffe, Molière montre comment les aristocrates ne sont pas toujours supérieurs en intelligence aux pauvres, et la vraie richesse est la richesse de la raison. Dorine est un exemple d’une servante plus intelligente et raisonnable que son maître, et son personnage va contre les idées reçues. Tout au long de la pièce, Dorine défend sa maîtresse, Marianne, contre l’irrationalité de son maître, Orgon. On suppose que le chef de la maison serait plus difficile à embobiner que tous les autres, mais en réalité c’est sa servante qui peut voir le mieux la vérité.

Pour Molière, cette affirmation que les sujets sont quelquefois plus logiques que leurs maitres était dangereuse, parce que c’était une interrogation du pouvoir du roi.  Mais à la fin de la pièce, Molière se sauve contre les accusations possibles quand il montre le roi comme raisonnable et presque impossible à duper ; « L’Exempt » dit à la fin que Louis XIV est « un prince dont les yeux se font jour dans les cœurs / et que ne peut tromper tout l’art des imposteurs. » (1907-1908, scène 7).  Bien que Molière s’exprime de façon controversée, il n’attaque pas le pouvoir absolu du roi ouvertement. Le personnage d’Orgon est le représentatif métaphorique du roi, comme le chef de la maison avec le pouvoir absolu. Il a le contrôle de tout, mais il fait de graves erreurs quand il laisse le faux dévot, Tartuffe, influencer ses décisions. Dans le VIIème scène, Orgon est furieux contre son fils, Damis, et dans cette rage, il promet à Tartuffe l’héritage de Damis et sa famille. Dans la ligne, « Vous faire de mon bien donation entière » , Molière montre au lecteur que le pouvoir absolu est dangereux parce que les humains sont souvent submergés par leurs émotions, et ils prennent de mauvaises décisions qui ont des conséquences. Le lecteur connaît bien les crimes de Tartuffe, et dans la position omnisciente on attend les conséquences de la réaction hyper émotionnelle d’Orgon.

 

Tout au long de la pièce, Molière contraste l’intelligence et la raison de la servante Dorine contre la stupidité et l’aveuglement de son maitre, Orgon. Tartuffe joue contre les deux comme créateur du conflit. Orgon croit dans l’honnêteté complète de Tartuffe, bien que la maison entière sache que Tartuffe est un faux dévot et arnaqueur.  Parce qu’Orgon est contrôlé par sa propre ferveur religieuse, il regarde les actions de Tartuffe avec un œil admiratif. Mais Dorine, de l’autre côté, comprend le jeu de Tartuffe, et elle essaie de protéger ceux autour d’elle contre les conséquences de la crédulité d’Orgon. Bien que Dorine soit une servante sans instruction, elle représente les sentiments de Molière contre l’aristocratie. Elle réagit à l’émotion excessive des autres avec sarcasme et ridicule, mais elle reste calme dans toutes les situations. Dorine est inférieure d’Orgon, mais Molière fait croire au spectateur que la situation serait meilleure si un personnage raisonnable comme Dorine était le maître de la maison.

Pour Molière, la logique et le scepticisme étaient des caractéristiques indispensables, et si une personne au pouvoir ne possédait pas ces traits, il y aurait inévitablement de graves conséquences.



[i] (Personnaz)

[ii] (Molière)

[iii] (« Histoire en Ligne « )

 

 

 

 

 

 

Bibliographie

 

« Chronologie. » Tout Molière. La Société OVH, n.d. Web. 17 Avril 2012.

<http://www.toutmoliere.net/chronologie.html>.

 

« Louis XIV Le Grand dit le Roi Soleil. » Histoire en Ligne . 30.03.2009. Web. 17 Avril

2012. <http://www.histoire-en-ligne.com/spip.php?article225&artsuite=3

 

Molière. « Citation de Molière extraite de l’article « comédie » du dictionnaire de français

Littré. » Reverso. Softissimo, 2010. Web. 17 Apr 2012.

<http://littre.reverso.net/dictionnaire-francais/citation/le_devoir_de_la_com

 

Lizzie Van Horn

 

 

Rubrique/mosaïque: Critique littéraire, Critique littéraire, Molière, Mosaïque
RSS 2.0 | Laisser un commentaire | trackback

Aucun commentaire

Répondre

css.php