Le graff gagne sa place

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1 décembre 2012

Nous le voyons partout—dans les toilettes, sur les immeubles et les clôtures, même dans les publicités et les cartes postales. Le graffiti a accompagné l’expérience humaine depuis la création de l’ustensile d’écriture. Le débat reste : est-il de l’art ou du vandalisme. En France, les autorités sont confrontés à ce problème autant qu’ailleurs, mais leur approche est unique : soutenir le graffiti. Sous le président Mitterrand, le ministre de la culture , Jack Lang, a initié une campagne pour élever le graffiti au rang d’art. Mais il y a un paradoxe entre le soutien pour le graff en tant qu’art et la lutte continue contre les tags indésirables, surtout sur les trains de la SNCF. Le nettoyage de tags coute à la SNCF 2 million d’euros par an et perturbe la disponibilité des trains. Il y a une cellule anti-tag de la police ferroviaire qui emploie un système élaboré pour attraper des tagueurs, qui, après condamnation, peuvent aller en prison. Ce paradoxe crée une tension certaine chez les autorités et le chef de la sécurité du système du Métro, Christian Kozar, se plaint que les tagueurs soient encouragés par des « personnes qui légitiment leurs activités. » Malgré cette tension, la campagne de Lang peut être considérée comme un succès si l’on compte le nombre d’expositions en France et la cote des œuvres sur le marché de l’Art.

En 1992, la première grande exposition d’art graffiti a eu lieu aux Musé

"Altona" par Bando, Paris, à côté du Louvre - JN Lafargue, 1984

e des Monuments Français et depuis lors, l’art graffiti s’est bien intégrer dans l’art français. Cette exposition, où l’on pouvait trouver une rame de métro taguée avec d’autres grosses œuvres, montrait la vraie diversité et richesse des expressions et des techniques de cet art urbain. Elle a été bien reçue par le public et a aussi touché un public jeune et divers. L’art graffiti est maintenant exposé dans des musées prestigieux tels que Le Grand Palais et le Musée d’ Orsay et des œuvres peuvent se vendre pour 50.000 euros. Quand on se promène à Paris on voit de l’art graffiti sur les murs des immeubles. On peut trouver des exemples notables dans la rue Mouffetard dans le 5ème arrondissement. Ces touches de couleur animent la ville et offrent aux passants une opportunité de faire des chasses au trésor.

On peut dire qu’une certaine ironie existe dans le monde du graffiti : une forme d’expression consacrée à lutter contre l’autorité et se rébeller, est aujourd’hui accueillie par les instituions !

http://www.youtube.com/watch?v=SVE3aoA5Xt8&feature=player_embedded
http://www.nytimes.com/1992/02/06/arts/parisians-on-graffiti-vandalism-or-art.html?pagewanted=2&src=pm
« Les graffitis ont la cote » Le Figaro Fev. 2008

 

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