Sensuel Erotique Xplicite : Le hip hop français

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20 novembre 2011

Puisque l’industrie hip hop est dirigée par les hommes, les chansons emploient un argot sexuel qui les rend explicites. Les chanteuses qui se lancent dans ce genre doivent conformer à ce style de langage pour ne pas être ignorées[1]. Prenons les paroles de Sté Strausz dans sa chanson, C’est la même histoire (c’est asmeuk). En parlant des femmes urbaines elle dit, «Les mâles de cités sont comme ça avec les charnelles. [2]»  Comme Joana Helcké l’a noté, Sté choisit le mot « charnelle » dont la connotation sexuelle nous donne une image corporelle qui transforme la femme en objet du désir.

L’argot des chansons hip hop est sexuel parce qu’il parle souvent du corps. Il y a plus de 80 termes qui indiquent l’appareil sexuel masculin et plus de 70 qui signifient celui féminin [3]. Ces termes changent en fonction de leur banlieue d’origine. Dans une industrie fondée sur la créativité, avec un argot érotique et variable, il y a de nombreuses façons pour référencer le corps d’une femme.

En examinant quelques paroles de Cette nuit, de Lady Laistee et celles de Vanessa de Doc Gyneco, on voit la prévalence de l’érotisme. Le mot « sexy » paraît deux fois dans les premiers trois vers de Cette nuit, « …Je m’étais préparé madame sexy baby. Sexy lady, c’était l’idée [4]. » La rappeuse devient un objet sexuel à cause de sa propre représentation. Les paroles de Vanessa sont plus obscènes : « Ces filles aux beaux fessiers qui firent fureur cet été [5]. » L’emploie de « fessier » démontre la sexualisation de la langue à travers l’incorporation des parties du corps.

Tout cela pose la question : doit-on diminuer la présence du sexe dans le hip hop ou est-ce que l’un doit le protéger comme une partie de la culture française ? Si ce thème vous intéresse, lisez « La tchatche and the gendering of ethnic identities in France’s banlieus » de Joanna Helcké. Pour trouver les paroles des chansons françaises, accédez au site web www.paroles.fr.

Linda Hamdouche, rapeuse française chante pour les pauvres et pour les marginalisés. ©Alejandro Pérez, Flickr

 


[1] Helcké, Joanna. « La Tchatche and the Gendering of Ethnic Identities in France’s Banlieues. » Shiftig Frontiers of France and Francophonie. Ed. Yvette Rocheron and Christopher Rolfe. By Peter Lang. Germany: European Academic, 2004. Goolge Books.

[2] http://menace77.skyrock.com/211944950-STE-STRAUSZ-C-est-la-meme-His

[3] Turpin, Béatrice. « Lets Mots Du Corps. » Revue D’études Françaises 11 (2006): 243-54. Google Scholar. Web. 13 Sept. 2011.

[4] http://www.allthelyrics.com/song/835318/

[5] http://www.france-jeunes.net/paroles-doc.gyneco-vanessa-30885.htm

Rubrique/mosaïque: Hip-hop sur la sellette, Mosaïque
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Un commentaire

  • Isa Bo

    je trouvé que le post il est vraiment intéresant, je suis d’acord que les hip hop est très misogyne et que les femmes sont traitées comme des objets.
    C’est vraiment très interessant que les femmes du hiphop veulent integer ce fait dans leur chansons

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