On n’est jamais près de la mort

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22 novembre 2011

On n’est jamais près de la mort,  Une vision Le mur, J.P Sartrele mur

Pablo, le narrateur du Mur de Jean-Paul Sartre, passe une nuit angoissée en attendant son exécution par les fascistes pendant la Guerre d’Espagne. Quelques moments après, rêvant de son exécution, Pablo se réveille et s’inquiète du fait qu’il sera peut-être endormi pendant sa mort. Il dit, « [J]e ne voulais pas mourir comme une bête, je voulais comprendre » (642, vers 8-9). Les mots « je voulais comprendre » sont peut-être plutôt ironiques parce que personne ne comprend vraiment la mort. Néanmoins, ce sentiment évoque le principe existentialiste auquel on doit faire face dans cette situation.

Les existentialistes parlent de l’abandon d’un individu. On ne vit pas comme si un autre apparaîtra magiquement pour résoudre quelques circonstances difficiles. Pour l’existentialiste, on doit faire face au « délaissement » : « Dieu n’existe pas, et [qu’]il faut en tirer jusqu’au bout les conséquences » (L’existentialisme 33-34). Pablo comprend qu’il doit éprouver sa mort afin d’accomplir la responsabilité de l’homme. ¬D’après Sartre, «[L]’homme, sans aucun appui et sans aucun secours, est condamné à chaque instant à inventer l’homme ». Alors, Sartre cite Ponge, « L’homme est l’avenir de l’homme » (L’existentialisme 38). Cependant, il y a ici un paradoxe : Si « chaque instant » inclut  le dernier moment de vie, est-ce que  l’homme s’invente un avenir après la mort ?

Peut-être peut-on résoudre ce paradoxe en comparant les moments avant la mort avec les pas vers un mur. Si on marche à mi-chemin du mur avec chaque pas, on n’arrive jamais au mur. Les moments entre la vie et la mort (le mur) sont probablement aussi infinis. Quelle est la longueur d’un moment ? Peut-être un moment peut toujours être divisé en deux, comme un jour, une heure ou une minute. Si c’est le cas, on est toujours isolé de la mort par des moments (ou demi-moments) innombrables. On ne le saura pas à moins de faire face à la mort, à la manière courageuse de Pablo.

Travaux cités

Sartre, Jean-Paul. L’existentialisme est un humanisme.  Paris: Les Editions Nagel, 1967.

—. « Le mur. » Poèmes, pièces, prose : Introduction à l’analyse de textes littéraires français. Ed. Peter Schofer, Donald Rice, Wiiiam Berg. New York : Oxford UP, 1973. 629-649.

Rubrique/mosaïque: Critique littéraire, Critique littéraire
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Un commentaire

  • Frank

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