Une interview avec M. Braider

Professeur Christopher Braider est le Directeur du Programme de Journalisme à CU. Il a reçu son « Ph.D. » en littérature française au Trinity College, de Dublin en Irlande. Il a écrit de nombreux  livres sur la littérature. Il est Professeur à CU Boulder depuis 1992 et il a présidé le département de français et italien à CU en 1994-96 et 2001-2004. Il est très actif dans de nombreuses associations académiques.  En 2010, il a reçu le prix « Boulder Faculty Assembly Prize for Excellence in Service» pour son travail comme Professeur à CU.

 

Laura : En tant que le directeur du département de Journalisme à CU, comment définiriez-vous le journaliste du XXIe siècle ?

M. Braider :    Tout d’abord le journaliste du XXI siècle est à un certain point de vue tout a fait comparable, à celui du passé. Il lui faut évidemment, poursuivre la vérité, sur les faits en questions, chercher et confirmer ses sources. Les différents avis qu’on lui propose. Ce qui a changé se sont surtout les plateformes. Alors, qu’au départ, dans le passé la presse c’était quand même la presse dans la mesure où on imprimait des articles sur papier pour circuler ensuite sous cette forme physique. Maintenant de plus en plus souvent on présente des choses sur l’internet, soit sous forme de websites, soit sous forme d’applications. Que l’on peut, consulter par exemple, voir sur son portable. Donc les plateformes ont changé. Et avec les plateformes, les modèles commerciaux ont changé. Comment est-ce qu’on va tout même se payer pour son travail, se faire payer pour son travail de journaliste dans l’absence des annonces et des publicités bien connus du bon vieux temps. Ça pose encore des difficultés, ce qui fait que les nouveaux journalistes doivent aussi bien s’informer sur les conditions commerciales de leur travail, que sur les conditions intellectuelles, épistémologiques, méthodologiques. Donc de ce point de vu là, beaucoup a changé. Mais en ce qui concerne ce qu’on espérerait être à l’essentiel, la poursuite de la vérité, la poursuite de sources, la validation des sources, tout le reste tout a fait pareil.

 

Laura : Y a-t-il un avenir pour le journalisme, avec l’envahissement des technologies, le développement des blogs, de la téléphonie cellulaire…en particulier si l’on tient compte du financement?

M. Braider : Non, j’imagine que l’avenir doit passer par la conquête du commerce nouveau et des conditions nouvelles de commerce créés par les blogs, les portables, les applications, et tout le reste. Car en fin de compte pour être journaliste, pour faire un bon travail de journaliste il faut c’est comme être cœur et arme, n’est-ce pas ? C’est un vrai travail et on ne peut pas travailler sans être payer.  Ça ne serait donc être gratuit à moins que le gouvernement, par exemple, qui paye mais dans ce cas là : comment est-ce que on peut empêcher le gouvernement de dicter les actualités donc la « vérité » n’est-ce pas ? Donc, il faut passer par le commerce. Il faut passer par les conditions nouvelles de commerce. Mais, je crois que justement on a commencé à comprendre comment on peu, à la fois, exporter les nouvelles ressources technologiques et s’assurer une vie. C’est excellent pour vous de savoir qu’il existe chez nous dans notre programme un organisme qui s’appelle « The Digital News Test Kitchen. » Et leur tâche fondamentale c’est justement de tester les différentes technologies de manière à voir à la fois comment on peut les exploiter pour des fins d’information et comment on peut les exploiter afin de gagner sa vie. Donc je crois qu’on va quand même trouver le moyen, mais beaucoup de travail reste à faire pour y arriver.