La beauté chez Molière…  dans Le médecin malgré lui et Le bourgeois gentilhomme

Jo Brunner, la beauté c’est l’introduction fluide et délibérée de l’égalité des sexes

Dans la période au cours de laquelle Molière devient célèbre grâce à son écriture, les femmes des classes bourgeoises n’avaient pas beaucoup de pouvoir sur leurs vies. Elles ne possédaient pas les mêmes droits que les hommes et à la fois, elles étaient considérées comme des êtres dociles et conciliants. Cettemo01 attitude populaire est visible dans les pièces de Molière, spécifiquement Le Médecin Malgré Lui et Le Bourgeois Gentilhomme, des œuvres créées à la fin des années 1600. Dans les deux pièces, Molière reconnaît ces attitudes mais au même temps il se permet de les critiquer. Il attribue aux femmes plus de mérite et en effet, tous les hommes dans la pièce et aussi ceux qui la regardent et traitent les femmes comme leurs inférieurs, sont ridiculisés. Molière possède plusieurs tactiques pour changer l’attitude de ses spectateurs. La distribution délibérée des rôles, les qualités positives données aux femmes, et aussi l’utilisation de la farce sont toutes des méthodes pour influencer le public. Il y a de la beauté dans l’introduction fluide et délibérée de l’égalité.

Paul Heywood, la beauté c’est l’ambition

Évidemment, il y a beaucoup de choses qui font une pièce, y compris des idées et des thèmes différents.  Cependant, ces deux pièces de Molière sont des comédies qui montrent quelques idées similaires, dont on peut se servir pour parler au sujet de la beauté.  Moi, je vois la beauté dans les personnages qui sont ambitieux.  Je pense qu’il est à noter que pour n’importe quelle personne, on peut avoir des aspirations magnifiques.  Même si un homme n’a pas beaucoup de talents ou de compétences, il a encore un rôle à jouer basé sur ses aspirations.  Ces aspirations peuvent changer avec l’influence des concepts comme l’argent, la classe sociale, ou des relations familiales.

Cameron Hancock, la beauté c’est l’œuvre dans sa globalité

La perception du lecteur est très importante quand on lit les contes, les livres ou les pièces. Ce qui est beau se manifeste dans les yeux, et le cœur, de la personne qui lit ces œuvres. Souvent il n’y a pas explicitement le thème de la beauté dans les livres, mais le lecteur peut trouver quelque chose d’assez beau et il crée cette idée dans sa tête et à l’intérieur de la pièce. C’est à dire qu’il n’y a pas de beauté inhérente dans une pièce, mais quand l’esprit relie les choses, on peut trouver une autre beauté. Cette idée n’est pas absente des pièces de Molière, en particulier Le Médecin malgré lui et Le Bourgeois Gentilhomme. On peut trouver les choses qui sont belles dans les deux pièces, mais il faut relier ensemble les idées partout dans la pièce pour en apprécier la beauté. Aussi il faut élargir la vue et analyser la pièce entière comme une œuvre d’art. Pour ces pièces, le thème qu’on peut trouver beau est que les personnes qui n’ont pas beaucoup de pouvoir réalisent leur pouvoir dans des formes différentes. En plus, par l’analyse de toutes les pièces il y a de la beauté dans la forme que Molière emploi pour les deux, qui est presque pareille. Finalement les pièces sont des œuvres d’art et le fait qu’on peut en discuter et en débattre est beau en soi.

Cate Welch, La beauté c’est de choisir

Dans les deux pièces, les filles refusent de se marier avec les hommes que leurs pères ont choisis, ce qui démontre un certain féminisme chez Molière. C’est beau parce qu’elles veulent avoir un mariage heureux, et non pas fondé sur l’argent. Dans Le Médecin Malgré Lui, la fille Lucinde, après qu’elle retrouve la parole, dit à Géronte, « je l’ai recouvrée pour vous dire que je n’aurai jamais d’autre époux que Léandre, et que c’est inutilement que vous voulez me donner Horace » (93). De même, dans Le Bourgeois Gentilhomme, avant que Lucile, la fille, sache que le fils du grand turc est Cléonte, son grnd amour, elle dit, « je ne veux point me marier » et « il n’est point de pouvoir qui me puisse obliger à prendre un autre mari que Cléonte» (141,142). Donc, les deux filles rejettent les volontés de leurs pères pour exprimer les leurs, ce qui n’était pas toujours le cas à leur époque. Je trouve ce féminisme beau parce qu’il est difficile de rejeter les volontés de son père, mais Lucinde et Lucile n’hésitent pas. Elles veulent se marier avec les hommes qu’elles ont choisis.

Quinn Gordon, la beauté des femmes déterminées

La femme de Monsieur Jourdain dans Le Bourgeois Gentilhomme est un personnage qui a plus d’intelligence et d’auto-détermination que ce à quoi nous pourrions nous attendre dans une pièce de théâtre écrite à cette époque-là. Elle veut aider sa fille à se marier avec Cléonte, un homme avec qui Lucile serait heureuse. Elle aide les autres personnages à duper Monsieur Jourdain pour que ce mariage puisse se réaliser. Dans les deux pièces, il y a de la beauté dans le fait que les personnages féminins ne sont pas inutiles. Elles nous démontrent qu’une femme ne doit pas compromettre son esprit, même si elle vit (comme les femmes de Molière) dans une époque qui ne valorise pas toujours les femmes.  De plus, elles nous disent qu’il y a toujours une solution pour s’affirmer et s’améliorer en dépit de l’environnement social.

Audrey Inglis, la beauté du féminisme

Les femmes des deux pièces sont belles parce qu’elles ont beaucoup de puissance et d’autorité, et ces caractéristiques sont intrinsèquement belles. Le Médecin malgré lui et Le Bourgeois gentilhomme offrent des femmes très puissantes. Martine a de l’autorité sur son mari quand elle envisage sa vengeance, et Lucinde trouve un moyen de contrôler celui avec qui elle va se marier. En même temps, Madame Jourdain peu facilement utiliser la stupidité de son mari contre lui, et elle refuse de forcer sa fille à contracter un mariage dans lequel elle ne sera pas heureuse avec un mari qu’elle n’a pas choisi elle-même. Il y a une beauté dans la puissance des femmes, et le féminisme que Molière utilise dans ces deux pièces.

Ellen Cambron, la beauté c’est la simplicité

On peut voir la beauté dans le contexte de la simplicité contre la luxure.  Les nobles trouvent la beauté dans les vêtements extravagants et les bijoux chers. Par contre, ceux qui ne sont pas nobles trouvent la beauté dans la simplicité. Ils n’ont pas besoin de beaucoup d’argent pour se rendre heureux ou pour apprécier la vie. Il est clair que les aspects les plus beaux dans les pièces sont les aspects simples. Pourtant, il y a des éléments simples et beaux que les personnages ne comprennent pas. On peut avoir de la sympathie pour les personnages qui ne sont pas nobles, comme dans Le médecin malgré lui, pour Martine, femme de faible condition et Lucas marié à une femme infidèle, ou dans Le bourgeois gentilhomme  pour Mme Jourdain mariée à un homme méchant et fou, et Cléonte, qui est honnête homme, mais pas gentilhomme et donc peu respecté. Donc les personnages les plus sympathiques ne sont pas les nobles avec leurs grands problèmes, mais les gens simples qui ne peuvent rien faire de leur condition à cause du système de classe très engrainé dans la France à cette époque. Donc c’est la simplicité qui est belle et sympathique, pas le luxe des nobles.

Marissa Bell, la beauté c’est l’usage de la langue

La langue est le moyen de communication principal entre humains. Pour décrire une émotion ou une idée complexe et exprimer des variantes, nous sommes limités à un ou à deux mots. À cause de cela, la langue apporte des restrictions à la liberté d’expression. Molière identifie les contrastes binaires et statiques que la langue crée inévitablement d’une façon si belle. Dans Le Bourgeois Gentilhomme, la langue est la chose que l’on devrait utiliser pour la communication sociale, mais Molière souligne ces qualités de confusion et les limites qu’elle engendre. Par exemple, à la cérémonie du mamamouchi, un peu de charabia peut produire le bonheur. Les mots de Monsieur Jourdain se tordent à la première scène de acte 5, et il confond le mot « paladin » pour « baladin. » Les nouvelles compétences langagières sont insignifiantes, mais Monsieur Jourdain s’y attache. Agrémentées de ces turqueries, la langue elle-même montre le chemin de la communication, mais aussi l’aspect illusoire des mots. La beauté vient de cette compréhension qui dépeint la langue.

Whitman College, Walla Walla, WA

Illustrations : Images tirées de Molière (2007) film du réalisateur Laurent Tirard avec Romain Duris dans le rôle de Molière.