La famille française contemporaine : c’est l’animal caméléon de la société

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Paris sur tous les fronts pour les familles monoparentales, Paris.fr

 

La France est la nation européenne avec le plus grand nombre d’enfants. Ce phénomène serait attribué au fait que la France a  une fécondité qui est 0,3 plus élevée que celle de tout le reste de l’Union Européenne : 2,01 contre 1,62 enfants/femme en 2012  (selon l’hebdomadaire français, Zaman). Cela-dit, il est nécessaire qu’on se rende compte que les femmes qui sont responsables pour ce taux de croissance, sont plus âgées que dans les années passées (30,1 ans en moyenne), et de plus, que les enfants qu’elles mettent au monde ne sont pas nécessairement nés dans des familles traditionnelles. En effet, l’Union nationale des associations familiales (UNAF) a publié récemment un sondage qui dit que sur 13,9 millions d’enfants français, 75% vivent avec une famille traditionnelle (où les deux parents sont toujours présents), 19% en foyer monoparental et 6%  avec une famille recomposée. C’est la famille française contemporaine.

Afin de comprendre comment la dynamique et la structure de la famille française ont changé, on doit d’abord savoir que les institutions se sont transformées au cours des dernières années. Le mariage était principalement considéré comme un pacte religieux entre un homme et une femme depuis le moyen-âge. En 1792, le mariage civil français est devenu une autre option pour joindre officiellement la vie des Français. Très populaire à leurs débuts, les mariages religieux et civils sont graduellement de moins en moins populaires en France. Selon le journal français LaDepeche,  77% des 15.1 millions de couples français étaient mariés en 2008, mais seulement 73.1% des 15.8 millions en 2011. Le nombre des mariages  en France diminue à la même vitesse que le nombre des personnes qui soutiennent le Pacte civil de solidarité (Pac) augmente. Introduit en France en 1999, le Pacs est un contrat entre deux personnes qui leur permet « d’organiser leur vie en commun sans être obligées de se marier » (selon Christine Yang). Le Pacs est particulièrement attractif pour les conjoints homosexuels, bien que le mariage traditionnel-homosexuel ait été légalisé en France en 2013.

Au 19e  siècle, la France était un pays où on ne parlait jamais de la sexualité. Le Catholicisme avait une grande influence sur la façon dont les Français approchaient ce sujet particulier. Dans les écoles, c’était acceptable pour les garçons d’avoir des cours d’éducation sexuelle, mais les filles étaient entièrement dépendantes de leur mère pour ces leçons vitales. Ce principe catholique de protéger les filles des sujets sexuels et ainsi, de préserver leur innocence, a été abandonné sous la Révolution Sexuelle (qui a atteint la France à la fin des années 60). Grâce à elle, la contraception et l’avortement sont devenus, respectivement, légaux en 1967 et 1975, et un bon système d’éducation sexuelle a aussi été institué dans les écoles françaises. Ayant reçu une éducation sexuelle plus complète, les Françaises d’aujourd’hui choisissent d’avoir leurs enfants quand elles sont plus âgées puisqu’elles sont mieux informées sur les matières reliées au sexe. Selon LaDepeche, le nombre des mères qui ont  trente ans ou plus, a augmenté de 39% en 1991, à 55% en 2011. Cette tendance à la hausse ne pourrait qu’être un bon signe pour les familles contemporaines. Quand une mère est plus mature, elle a probablement plus de confiance, de patience, et d’expérience pour contribuer à la stabilité de sa famille.

Étant donné que, les Françaises d’aujourd’hui ont le contrôle total de leur corps et de leurs situation et peuvent décider sciemment quand elles se reproduiront; étant donné que le mariage civil français est lentement remplacé par le plus acceptant et moins obligatoire Pacs; c’est indéniable que la  libéralisation de la société française a aidé à réinventer la structure et la dynamique de la famille contemporaine. Par exemple, d’après LaDepeche, environ 83% des citoyens considèrent les allocations familiales de leur gouvernement comme « un élément essentiel du modèle social français ». Si les Français étaient strictement conservateurs, ils ne soutiendraient jamais la mise en œuvre d’un programme social comme le Complément de libre choix d’activité (un programme qui aide les parents français, avec des enfants de moins de trois ans, à réduire leur activité professionnelle). Alors, grâce aux prestations sociales, une famille monoarentale peut  survivre, par défi contre l’idée qu’une famille dois inclure les deux parents- un père et une mère- pour être complète. Ainsi, le nombre des familles monoparentales s’est accru de cinquante pour cent depuis le début des années 1980 (selon Zaman).

Alors, il est sans équivoque que la tendance en France est pour les systèmes sociaux libéraux et  pour des structures familiales libérales. Aujourd’hui, la définition de la famille française est plus large, c’est un pas dans la bonne direction pour les Français  d’intégrer dans leur société les foyers monoparentaux, les familles homosexuelles et les mères plus âgées. La France a déjà pris l’initiative de casser ses attaches avec des traditions injustes et intolérantes. Le monde entier doit émuler ce pays. Tout  le monde bénéficierait d’un peu d’ouverture.

Zenora Lojkovic Burris, Whitman College