Le Pays Basque est composé de sept provinces, dont trois en territoire français.  Seulement 9% de la population totale du Pays Basque habite la partie française, appelée Iparralde (côté nord) en basque, mais cette zone n’en est pas pour autant moins intéressante.  Des villes renommées telles que Bayonne, Biarritz et Saint-Jean-de-Luz se trouvent dans ce coin du monde, mais le voyageur qui est ouvert d’esprit et prêt à l’exploration découvrira d’autres endroits moins connus mais également, voire plus, fascinants !

Le passionné de cuisine régionale peut se diriger vers Espelette, où il trouvera les célèbres piments d’Espelette.  Utilisé à la place du poivre mais pas plus épicé que celui-ci, le piment d’Espelette est l’une des bases de la cuisine traditionnelle d’Iparralde et sert à assaisonner des plats typiques comme l’axoa de veau et le poulet basquais.  Le plateau de fromages qui suit le plat principal doit bien sûr inclure une tranche d’etorki, un fromage de brebis fait à Mauléon-Licharre, à quelques 75 kilomètres à l’est d’Espelette.  Si on continue vers l’intérieur, on passera par le village d’Iroléguy, où l’on fait du vin portant ce nom.  C’est l’un des plus petits vignobles France et jouit d’une appellation AOC depuis 1970.

Ni l’historien ni le géologue ne pourra se passer des grottes préhistoriques de Sare, où il aura l’occasion de voir non seulement des concrétions minérales à lui couper le souffle, mais aussi des peintures rupestres âgées d’entre dix et quinze mille ans.  Il doit également aller voir les grottes d’Isturitz et d’Oxocelaya, classées toutes les deux comme monument historique et autrefois habitées par des hommes de Néanderthal et des hommes de Cro-Magnon.  On y trouve plus de 70.000 peintures, objets et gravures datant de la préhistoire.

On conseille à l’enthousiaste des randonnées de visiter la forêt d’Iraty, où il peut se promener parmi les hêtres.  Il s’agit, en fait, de la plus grande hêtraie d’Europe.  Les bergers y vont avec leurs troupeaux depuis des siècles mais, grâce à son emplacement au fond des Pyrénées, la forêt est restée presque inconnue du grand public jusqu’à récemment.  La flore et faune d’Iraty sont exceptionnellement riches et en automne on peut y observer l’une des plus grandes migrations d’oiseaux vers le sud.

Le linguiste est encouragé à se familiariser avec la langue basque, euskara.  Classifiée comme l’unique isolat linguistique d’Europe, l’euskara ne ressemble à aucune autre langue au monde.  Malgré l’existence de maintes théories à ce sujet, on ignore toujours ses vraies origines.  Des statistiques un peu vieillies (2008) estiment qu’environ 1.225.000 personnes âgées de plus de seize ans parlent basque, y compris les bilingues passifs.  Le nombre de bascophones est pourtant en train d’augmenter et si on prend les enfants bascophones en compte, ce chiffre est beaucoup plus élevé.  Il y a moins de bascophones en Iparralde que dans la partie espagnole, mais à l’intérieur du Pays Basque français, plus des deux tiers de la population est bascophone .  La plupart parlent un dialecte.  Les différences parfois surprenantes entre des dialectes parlés dans des hameaux voisins sont le résultat de l’isolation relative des villages basques dans les Pyrénées.  En raison de ce phénomène, les médias utilisent presque exclusivement l’euskara batua (basque unifié), créé dans les années soixante, et les écoles enseignent toujours le batua.

Le Pays Basque français à quelque chose à offrir à chacun, quels que soient ses intérêts.  C’est un endroit plein d’histoire, de culture, de beauté et d’aventure qui risque d’ensorceler tout visiteur.  Attention, une fois que vous y êtes, vous ne voudrez plus partir !